Peinture originale : la toile comme terrain d’expérience

Un tableau peinture, ça commence souvent par une hésitation.

Catherine Baud peint comme elle photographie : avec patience, avec mystère, sans chercher à tout dire. Ses peintures originales mêlent acrylique, aquarelle, encre et techniques mixtes – des couches qui s’accumulent, se contredisent, finissent par trouver leur équilibre.

Ce n’est pas de la peinture contemporaine au sens décoratif du terme. C’est une peinture artistique qui vient d’un endroit précis et qui ne sait pas toujours où elle va. C’est ça qui est intéressant.

Chaque pièce est unique. Chaque geste, irréversible.

C’est beau l’art !

Le mot de Cbaud

Mon inclination naturelle vers l’humain et le monde des émotions engendre un travail pictural exclusivement tourné vers le portrait.
Respecter les traits du visage, les volumes, les ombres et les lumières, tout en déconstruisant une zone, en la résumant d’un coup de pinceau, d’un aplat, est la façon dont je travaille. Un humain, quel qu’il soit n’est jamais lisse, il a des aspérités, des creux, des manques, des marques, des zones floues, abîmées, cachées. Mon but n’est pas le photo réalisme mais plutôt un rendu figuratif émaillé de zones libres, d’accidents pouvant donner vie au portrait. C’est le même principe pour un portrait de commande, proche ou personne illustre: un visage reconnaissable et subjectif.

Certaines peintures naissent spontanément, comme guidées. D’autres ont besoin de plus de temps, de travail, de réflexion, ou au contraire de lâcher prise.
Les couleurs vives sont de mises. C’est une façon de symboliser la vie, l’intensité des émotions. Les couleurs complémentaires peuvent parler de paradoxe. Les fluorescentes matérialisent la lumière qui émane de la personne aux travers de ses failles.

Techniques
Le point de départ est toujours une photo montrant une expression ou une attitude qui me parlent, un visage faisant écho à une de mes thématiques. Elle peut être retravaillée numériquement avant dessin – teintes, cadrage, ou autres – pour me permettre une meilleure appropriation. Le dessin est détaillé, fidèle au modèle.
Les supports sont la toile de lin, le papier aquarelle ou bien le bois. Ils reçoivent un apprêt coloré qui a son importance technique mais aussi tonale. La réalisation se fait à la peinture à l’huile, mélangée à l’huile de lin. Elle se fait en plusieurs couches. La première dessine le portrait en couleurs marquant les volumes, les ombres et les lumières. La deuxième vient harmoniser les teintes, corriger les valeurs tonales. Le geste devient plus libre, les imprévus apparaissent. Souvent une troisième couche intervient par endroit, après un délai de réflexion, majorant la déconstruction ou revenant au réalisme.
Une fois la peinture terminée et selon son support, elle peut être contrecollée à l’atelier sur un panneau de bois préalablement préparé, qui lui donne du corps, un tendu parfait et permet l’accrochage.